POITOU - ECOSSE

Symboles pictes - La main rouge - Lamh Derg

Sautoir ecossais


     

Les Pictes ne nous ont laissé que peu de traces de leurs symboles, de leur iconographie, si ce n'est sur des pierres (qui ne sont toujours pas décodées) et sur leurs monnaies.

Les monnaies pictes en Poitou. Les monnaies pictes apparaissent bien avant la conquête romaine. Les premières imitaient les pièces grecques, qui furent copiées puis transformées selon le goût celtique. On trouve des pièces d’or, d’argent, de bronze, parfois des potins (alliage de bronze et d’étain). Elles ont leur propre style, exprimant le sens du sacré et de l’imaginaire propre à la civilisation celte.

 

Ce qui caractèrise les monnaies pictes (ou celles de l'alliance picto-santone), c'est l'usage du thème au cheval à tête humaine (général au domaine celtique), sous lequel est placé le symbole de la nation picte, le référent : la main ouverte.

L'origine de cette main nous est toujours inconnue, mais sa force emblèmatique de la nation picte et des tribus du centre-ouest est indéniable.

En suivant les évolutions de ce symbole, nous pouvons retrouver certaines évolutions économiques et politiques de la nation picte. Cette main emblèmatique des Pictes sera parfois associée au joug emblèmatique des Namnètes, révèlant une alliance picto-namnète ou picto-armoricaine.

La main ouverte fut aussi utilisée par l'autre branche migratoire picte, celle qui poursuivit sa route vers l'Irlande puis l'Ecosse.

La main rouge de l'Ulster. Selon les légendes irlandaises, la main rouge est devenue le symbole de l'Ulster, en 1015 av. JC, après une course mythique.

Heremon O'Neil revendicait contre un prince scot, la possession de l'Ulster.

Selon la règle des défits celtiques,
les protagonistes se mirent d'accord pour que la province échoit au vainqueur d'une course navale entre l'Ecosse et l'Ulster. Heremon O'Neil voyant son rival rejoindre la côte irlandaise avant lui, dédida de se trancher la main droite et de la jeter sur le rivage.

De la sorte il fut le premier à toucher la terre d'Ulster et fut proclamer roi d'Ulster.

La main rouge devint donc le symbole de cette province. Selon les prêtres évangéliques irlandais, l'origine de la main rouge de l'Ulster serait biblique et se trouve dans le psaume 98/1.

O Sing unto the Lord a new song
For he hath done marvellous things
His right hand and his holy arm
Hath gotten him the Victory
.

Si la signification symbolique de cette main demeure mystérieuse ou tardive, son appartenance aux Pictes, aussi bien du Poitou que ceux du nord de l'Irlande et de l'Ecosse, comme élément identitaire, ne semble pas faire de doute. C'est le symbole des nations pictes continentale et insulaire.

Cette main identitaire, qui n'est pas représentée sur les pierres sculptées du nord de l'Ecosse, et son origine, loin d'éclaircir le mystère des symboles pictes (Ecosse), rendent encore plus obscure, le décryptage des symboles pictes.

La main rouge de l'Ecosse. Les Pictes communiquaient en plus de leur langue aujourd'hui disparue, avec un système sophistiqué de symboles, généralement gravés dans la pierre ou sur des bijoux.

Si les Pictes paraissent mystérieux, c'est en partie parce que les chercheurs ne sont jamais parvenus à déchiffrer ces symboles. Les animaux apparaissent fréquemment dans la symbolique picte, toujours stylisés.

S'agit-ils de symboles totemiques, individuels, de clans, ou encore simples marques frontières, ces symboles sculptés sur de grandes pierres sont-ils liés aux motifs que les Pictes se tatouaient sur le corps ? Si leur nom renvoi à leur pratique du tatouage, les archéologues n'ont pu confirmer ce lien. Le seul témoignage contemporain vient de la vie de St-Colomba, rédigée par Adomnan au VIIe siècle, dans laquelle l'auteur décrit la guerre Sainte contre les druides du roi picte Bridei. Cet épisode folklorique nous montre comment la religion et la langue picte ont disparu.

Les principaux symboles pictes sont donc la main ouverte, le double disque, la Croix, la roue, le taureau, le serpent, le croissant, le sanglier et la bête picte (ou éléphant nageur), le cygne, le requin. Ces dessins sont curvilignes entrelacés et parfois melés. Ont-été trouvées en Poitou (à Lussac-les-Châteaux dans des grottes), une série de pierres gravées représentant des humains de facies canin, du même style que celles trouvées en Ecosse.
 

L'art des Pictes. L'art des Pictes, perméable aux influences chrétienne, gallo-romaine et irlandaise, se manifeste surtout dans trois domaines : les armes, les bijoux et les objets de culte. La technique des forgerons permettait la fabrication des épées, dont l'âme damassée restait d'une relative souplesse, alors que le tranchant rapporté, en acier trempé, était remarquablement résistant. Les poignées, les lames étaient décorées de pierres ou ciselées. Les motifs, essentiellement abstraits, sinon d'une grande complexité, comportent des entrelacs et des signes symboliques.

Les bijoux sont extrêmement variés : fibules aux formes symboliques, faites d'anneaux concentriques ou en forme d'aigle, d'arbre de vie, bagues d'argent portant un monogramme, épingles, bracelets d'or incrustés de pierres, colliers, plaques-boucles de ceinture. Les bijoux aussi bien que les objets de culte (coupes, vases ou coffrets) présentent une grande variété de couleurs, grâce aux diverses techniques.

Ainsi se développe, à partir du Ve siècle, un art remarquable, influencé curieusement par des motifs gréco-sarmates des rives de la mer Noire, ainsi que le démontrent les objets (fermoir de bourse en or et ivoire, décoré d'émaux, boucle en or et émail) trouvés dans la «nef tombale» de Sutton Hoo et datant du VIIe siècle.

         

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