LOUDUN Histoire de la ville de Loudun |
||||
En 58 avant notre ère, et aprés avoir franchi les Alpes, les légions de César envahissent notre région malgré l'opposition des troupes pictes sur les rives de la Loire. Après l'Empire, le christianisme s'installe et de nombreux édifices religieux se construisent le plus souvent à l'emplacement d'un monument païen. Au cours du Haut-Moyen-Age, le Pagus Lugdunensis vivra dans une relative quiétude, qui sera troublée par la bataille de Coussay (aux Roches St-Paul), où le comte de Poitou, Guillaume III, subit une défaite contre le comte d'Anjou, Foulque. Guillaume lui donnera le pays de Loudun ainsi que le Mirebalais, tout en restant parts du Poitou, quitte à Foulques d'en rendre hommage. En 1206 le Loudunais sera rattaché à la couronne par Philippe-Augute qui fit construire à l'emplacement du castrum romain une forteresse au sein de laquelle se dressera un bastion défensif constitué d'une énorme tour ronde de trente trois mètres de haut entourée de fortins et de douves. La ville sera protégée par une ceinture de murailles se déroulant sur un peu moins d'une lieue et protégée par des fossés larges et profonds, emplis d'eau. Tout le pays se couvrira d'un sytème de défense qui ira de la simple ferme fortifiée à d'importante forteresses comme Moncontour, Curçay-sur-Dive ou Saint-Cassien. Ce remarquable ensemble fera que pendant la Guerre de Cent-Ans, notre pays ne connaîtra que quelques incursions des armées anglaises, sans être totalement occupé. De la Renaissance, au lendemain des guerres d'Italie, les châteaux forts vont se modifier : tout en gardant son caractère militaire, celui de Loudun s'enrichira de somptueuses habitations. A l'intérieur de la ville, de belles demeures vont s'élever : l'hotel de la famille Gaucher de Sainte-Marthe, celui du Roi René d'Anjou qui fut seigneur de Loudun de 1417 à 1434 et rendit à notre cité d'importants services en favorisant les foires, améliorant le commerce et faisant construire un vaste marché couvert en face de la collégiale Sainte-Croix. Ce temps de paix, de calme, de prospérité, durera jusqu'à l'établissement du protestentisme qui va faire éclater un long et douloureux conflit au cours duquel Catholiques et Huguenots vont s'entre-déchirer, les édifices religieux être pillés, mutilés, voire incendiés. L'épisode le plus sanglant fut l'éffondrement de l'armée protestante de l'Amiral Coligny sous les coups de l'armée royale, conduite par le Duc d'Anjou en 1569 dans les plaines situées à l'est de Moncontour. Et ce conflit fut l'origine du démantèlement du château par le Capitaine François de Plessy, seigneur de Richelieu, père d'Armand le Cardinal-Ministre. Malgré les efforts de Françoise de Rohant, Duchesse de Loudun, du Gouverneur de Razilly, de nombreuses échauffourées eurent lieu et le protestant Marreau de Boisguérin s'installa au château en qualité de gouverneur. En dépit de ces heurts, la ville prospère, et au début du XVIème siècle elle compte environ 20.000 habitants dont plusieurs ont acquis une célébrité : Jean II d'Armagnac, gouverneur de la ville, valet de chambre du Roi, Isaac de Razilly qui avec Menou d'Aulnay, sera à l'origine de la fondation de l'Acadie, Ismaël Bouilleau, astronome, juriste et théologien, le poète Scévole de Sainte-Marthe qui a crée un salon de littérature, Guy Chauvet, fondateur du collège et enfin Théophraste Renaudot dont la maison natale est aménagée en musée afin de faire connaître son oeuvre de journaliste et de médecin. Ville heureuse, Loudun va connaître une dure épreuve avec l'ordre, signé par le Roi Louis XIII, de démolir le château en 1628 et que son premier ministre, le Cardinal de Richelieu fera exécuter au delà du désir royal puisque la conservation du donjon ne sera pas respectée. Un malheur n'arrivant jamais seul, pendant l'été de 1632, 3500 Loudunais sont emportés par une épidémie de peste. Et voilà qu'un long procès de sorcellerie va mener au bûcher le 18 aôut 1634 un prêtre âgé de 44 ans : Urbain Grandier, curé de Saint-Pierre-du-Marché, chamoine prébendé de la collégiale Sainte-Croix, trés intelligent, brillant orateur mais assez arrogant, pocessif, ayant une vie privée peu en accord avec la dignité de sa charge, il fut accusé par les religieuses de Sainte-Ursule, dont le couvent situé rue du Pasquin était dirigé par Mademoiselle Jeanne de Belcier, en religion Soeur Jeanne-des-Anges. D'illustre origine; intelligente mais fantasque, simulatrice et mythomane, entrée dans les ordres sans la moindre vocation, affectée par le refus de Grandier d'être l'aumonier du couvent, elle présenta ainsi que d'autres religieuses, des troubles nerveux auxquels les exorcistes attribueront une origine diabolique; et ceci à l'automne 1632. Tout serait rentré dans l'ordre à la suite de l'intervention de Monseigneur Henry d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux, qui fit cesser les exorcismes et isoler les malades si le Cardinal de Richelieu n'avait donné tout pouvoir au sinistre Jean Martin, Baron de Laubardement, envoyé à Loudun avec la mission officielle de veiller à la bonne exécution des travaux de démolition de la forteresse dont Grandier et son ami d'Armagnac étaient les défenseurs. Avec la ruine du château, le transfert du grenier à sel et la garnison dans la petite ville que le premier ministre faisait construire à l'emplacement de son lieu de naissance, le déclin de Loudun commence : déclin qui avec la révocation de l'édit de Nantes entraînera le départ de près de la moitié de ses habitants. A la révolution des monastères sont pillés ainsi que les églises. Tous les établissements hospitaliers sont fermés et celui du faubourg Saint-Lazare détruit; tous les pensionnats le sont également et le collège Guy Chauvet ne relévera ses ruines que dix ans après. Les guerres de Vendée et celles de l'Empire ne nous ont que peu affectés, et la ville dès la restauration, commencera à penser ses plaies. Réduite à moins de 5.000 habitants au siècle dernier, elle retrouvera prospérité grâce à la richesse des campagnes qui l'entourent et dans la seconde moitié du XIXème siècle elle connaitra un regain d'activité avec l'implantation de voies ferrées et d'un centre de réparation de matériel roulant. La création d'usines compense la désertion de la population rurale; la cité de Philippe Auguste s'adapte progressivement aux nécessités de la vie. Elle s'efforce aussi de conserver ses richesses naturelles et architecturales, souhaitant en faire profiter ses visiteurs et rester digne des trois fleurs de Lys sur champ d'azur qui ornent ses armoiries, symbole des bonnes villes de France. Texte Société Historique du Pays du Loudunois. Pierre Delaroche. |
||||
Utilisation gratuite et libre des images, si la source "Société Vexillologique de l'Ouest" est indiquée avec un lien renvoyant sur cette page. ©2017 Société Vexillologique de l'Ouest
|