OCCITANIE

Drapeaux, armoiries, symboles et emblèmes de l'Occitanie


     


Auvergne


Béarn


Gascogne


Guyenne


Languedoc


Limousin


Provence

 

 

[OCCITANIE]. Région linguistique du sud de la France, regroupement les anciennes provinces où est parlé l'occitan.

Origine du nom de l'Occitanie : le terme d'Occitanie désigne la région où l'occitan est parlé. La carte de l'Occitanie est directement reliée à la définition de la langue et de la culture occitane. Selon les auteurs, certaines régions y sont incluses ou pas : régions à parlers intermédiaires (le croissant de la Marche,...), régions à fortes spécificités (pays catalans, Gascogne, Provence...).

Origine du nom de l'occitan : l'occitan ou langue d’oc est une langue romane d'Europe de l'ouest. Elle est caractérisée par sa variabilité et par l’intercompréhension de ses dialectes. On estime, en France, à environ 7 millions les personnes qui la comprennent sans la pratiquer. L'occitan médiéval et le catalan médiéval constituaient une même langue.

Noms de l'occitan : on l'appelle parfois abusivement provençal. Ce dernier, en effet, est un dialecte de l'occitan (considéré par certains comme une langue distincte de celui-ci). L'occitan fut appelé autrefois, lenga romana, roman aux XIIIe et XIVe s. (terme utilisé au XIXe s. pour désigner l'ancien occitan), limousin au XIIIe s., mondin ou raimondin, gascon au XVIe s., catalan, provençal aux XIIIe et XIXe s. ; ou encore lingua occitana au XIVe s., langue d’oc (voire occitanique, occitanien). Les occitans n'ont jamais eux-même nommé leur langue. Ils disaient "parli la lenga nòstra" (je parle notre langue) ou en Gascogne "que parli" (je parle).

Origine du drapeau occitan : la croix dite "occitane" est en fait le dérivé des armoiries des comtes de Toulouse : de geules à la croix vidée, cléchée et pommetée d'or. Ce drapeau est utilisé pour représenter la langue et la culture occitanes, ou plus généralement comme un emblème régional. Le motif de la croix de Toulouse est utilisé par des collectivités territoriales correspondant en partie à l’ancien comté de Toulouse : Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Hautes-Alpes.

La première apparition de la croix de Toulouse est datable du règne de Raimond V. Il existe notamment une description du sceau de ce comte datée de 1165. Cette adoption est particulièrement précoce pour le Sud-Ouest, les armoiries se répandant au XIIe siècle principalement dans le Nord de la France. Diverses interprétations ont été faites de cette croix, beaucoup insistent sur l'aspect "symbolique" du motif, oubliant que l’héraldique n’est pas une science du symbole, mais de l’emblème (M. Pastoureau).
En 1950, Henri Rolland affirme que l'origine de cette croix doit être recherchée dans le marquisat de Provence (Nord de la Durance) et plus précisement à Venasque.
Dès 1966, Roger Camboulives pense qu'à l'origine se trouve une croix solaire et peut-être la croix nestorienne trouvée au Turkestan chinois. Elle serait arrivée à Toulouse par l'Italie du Nord et la Provence (sans doute au Xe siècle).
En 1980, (l'Auta), R. Camboulives insiste aussi sur un rôle joué par les Wisigoths et sur les douze petites sphères qui pourraient représenter les douze "maisons" du zodiaque. Pour lui l'origine de la croix est toulousaine et non provençale. Il faut toutefois rappeller que les Wisigoths ne connaissaient pas l’héraldique.

En 1986, Jean-Yves Royer affirme que l'origine de croix est bien provençale mais que le texte d'Henri Rolland comporte des erreurs de dates et qu'il s'agit en fait de la croix de Forcalquier. Il s'appuie notamment sur la sculpture de deux croix figurant sur un couvercle de sarcophage à Ganagobie.
Dans la revue Archistra de décembre 1994, Pierre Saliès affirme que l'origine est toulousaine et que le signe des comtes de Toulouse est le fruit d'évolutions successives locales, peut-être à partir de la croix de Jérusalem.
En 1996 (L'AUTA n° 612) Jean Rocacher confirme que cette croix "est d'abord l'emblème propre à l'ancien comté de Venasque, démembré entre les deux maisons de Toulouse et de Forcalquier".
En 2000, Laurent Macé (Les Comtes de Toulouse et leur entourage) affirme que la croix est devenue l’emblème de la famille comtale après la participation à la première croisade de Raimond IV ; cette croix pourrait trouver son origine à Constantinople. Il indique que le motif de la croix pattée a une origine byzantine et qu'il se répand en Occident via l’Italie et la Provence. Ainsi la croix de Toulouse et la croix de Venasque ou de Forcalquier auraient une origine commune, mais ne se seraient pas inspirées l’une de l’autre.
En 2000, Bertran de la Farge (La Croix Occitane - Loubatière) pense que la croix occitane est originaire du marquisat de Provence, vraisemblablement de Venasque, et qu'elle pourrait provenir d'une synthèse entre la croix de Constantinople et la croix copte (croix grecque trilobée) implantée en Provence grâce aux moines (Lerins-St Victor de Marseille) et peut-être aussi grâce à l'aura de St Maurice.

Pour le moment, les documents ne permettent pas de déterminer une origine unique incontestable.

Histoire de l'Occitanie : autour de 2.000 av. J.-C., apparition des premières fabrications autochtones en cuivre, le Médoc devient une zone industrielle de fabrication de bronze. Cette région recevant l'étain d'Armorique et le cuivre Ibérique. Puis vient le temps des grandes migrations.

Les Celtes seront relativement peu nombreux en Occitanie, mais ils vont l'influencer profondément. Ils lui ont amené les techniques du fer et de l'orfèvrerie. C'est à eux aussi que l'on doit un style de vie qui se prolonge encore (ex: art de la sieste de midi chez les Nitiobriges, traditions actuelles de la chasse et de la pêche, ou encore l'usage dans la musique des "cabretas" et des "boas".) Malgré leur infériorité numérique, l'implantation de la culture celte a été plus durable en Occitanie que dans d'autres régions d'Europe (pour comparaison: dé-celtisation dans le nord de la France par les populations germaniques ). On trouve deux types de peuplement celtes: les protoceltes et les gaulois.
de -700 à - 600 Av. J:C (peut-être avant dans le nord de l'Occitanie) Les protoceltes de la civilisation Hallstatienne introduisent l'utilisation du fer. C'est à eux que l'on doit les noms en -os (Seignosse, Hossegor, ...) Leurs pratiques de l'incinération des morts sont incorporés à la culture locale.
- 400 Av. J.C. : Les Celtes sont devant Marseille.
- 300 Av. J.C.: Les gaulois de la civilisation de La Tène II conquièrent l'Occitanie. Les Gaulois triomphent à Clusium (- 299 Av. J.C.), mais sont battus à Sentinum (- 295 Av. J.C.). De nouveaux peuples celtiques s'installent: les Pictonnes (Poitiers), les Cadurques (Quercy), les Pétrocores (Périgord), les Nitiobriges (Agen), ... Les Bituriges (créateurs de Bordeaux) font parti des rares gaulois à être en majorité dans un lieu, ils ne paient pas de tribus aux populations locales. Excepté dans le nord (Poitou, Saintonge, Limousin, Auvergne) les gaulois sont minoritaires presque partout en Occitanie. Leur peuplement est faible dans le Languedoc où ils se fondront parmi les Ibères. Il est quasi inexistant en Gascogne chez les proto-aquitains, au sud de la Garonne. Ils ne s'installent pas non plus en Provence et dans le Sud-Est : des populations ligures se sont déjà implantées dans les terres, tandis que des grecs sont sur la côte.
Par la suite, des celtes passeront sur le territoire occitan et s'implanteront dans la péninsule ibérique . Mélés avec les Ibères , ils donneront naissance au peuple celtibère. On suppose que des incursions celtibères ont eu lieu en Occitanie.
Les Romains, pour se défendre, entre autres, des Celtes, vont mettre en place une organisation sociale et politique inconnue. Ce sont les créateurs du concept d'Etat . Par peur des envahisseurs, ils vont étendre leur autorité sur les autres peuples. Ils ont conquis l'Occitanie en deux étapes.
-125 à - 118 Av. J.C. : Les marseillais appellent Rome à l'aide, ils s'inquiètent des mouvements des Salyens. Les Romains pénètrent en Cisalpine. Les Allobroges sont battus en -122. Bituitos, roi des Arvernes subit une défaite en -121. Vainqueurs, les Romains crée la « Provincia » romaine en – 120 Av. J.C. (Occitanie du Sud: Provençe et Languedoc jusqu'aux Pyrénées).
I er siècle Av. J.C.: deux chefs militaires romains traversent le territoire aquitain. Ils seront vaincus et humiliés. Afin d'assurer la sécurité des communications à travers les Pyrénées centrales, Pompée transforme St-Bertrand-de-Comminges en base militaire.
- 58 à -51 Av. J.C. Les Helvètes projettent de venir s'installer vers les rives de la Garonne et la Saintonge, près de l'Aquitaine et de la riche « Provincia » (future Narbonnaise). C'est une occasion d'intervenir en Aquitaine pour César. Il entame sa campagne en automne -56 Av. J.C. Se méfiant des Aquitains réputés bon guerrier, il fait appel à des vétérans d'élite de Toulouse et de Narbonne. Il repousse les Helvètes et conquiert l'Aquitaine. Puis, lorsque Vercingétorix prépare son soulèvement général ce fut le tour de l'Occitanie du Nord. Les Arvernes et les Rutenes furent vaincus (Auvergne et Quercy en -52 Av. J.C.) Les aquitains (ainsi que les celtes de Bordeaux) et les gaulois ne se sont pas entraidés face à leur ennemi commun. César note que « les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne ».
Les Romains amènent aux occitans leurs savoir-faire et leurs concepts. Notamment l'administration, l'organisation sociale jusque dans les détails des us et coutumes de la famille. Ils apporteront aussi les lois écrites. La civilisation de droit écrit différenciera pendant longtemps les occitans des français. Et puis, bien sûr les Romains apporteront le latin qui est à l'origine de la création de la langue occitane. Plus tard, les Romains organisent l'exploitation intensive des ressources agricoles et minérales. Le vin a été apporté par eux à Bordeaux. Ils tracent un réseau routier qui fait croître l'activité économique et l'urbanisation. La romanité séduit la classe aisée mais elle est plutôt mal acceptée au début par le peuple. Des révoltes continuèrent pendant quelques temps puis les régions finirent par être pacifiées. Jusqu'au Vème siècle, l'Occitanie ne connaît presque pas de guerres

Sources : Centre régional de l'enseignement de l'occitan.

 

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